Signes cliniques

Les signes cliniques de la myopathie atypique apparaissent de manière soudaine.  Les rares signes annonciateurs décrits par les propriétaires de cas furent de l’abattement, une diminution de l’appétit, des signes de colique et de la raideur voire une boiterie.

 La totalité des chevaux souffrant de myopathie atypique présentent de la faiblesse.  Les chevaux sont fréquemment retrouvés couchés au pré, le plus souvent sur leur flanc.  Parfois, ils sont retrouvés morts en pâture alors que la veille, ils ne présentaient aucun comportement anormal.  Des signes de colique sont parfois présents.  Ceux-ci pourraient résulter de la distension de la vessie fréquemment observée par fouiller rectal.  Chez ces chevaux, les signes de colique disparaissent généralement quand le vétérinaire vide la vessie.

 Lorsque le cheval est capable de se déplacer, il présente de la raideur particulièrement marquée au niveau de l’arrière-main.  Il est important de vérifier que les chevaux qui pâturent avec celui qui est atteint ne présentent pas de raideurs anormales car celles-ci peuvent être le signe avant-coureur d’une myopathie atypique.

 Chez les chevaux souffrant de myopathie atypique, le psychisme est généralement déprimé.  Souvent, les chevaux éprouvent une difficulté voire une incapacité à se lever ainsi qu’à rester debout.  Des tremblements musculaires et de la sudation localisés ou généralisés ont été observés.  Ce qui frappe l’esprit des propriétaires c’est que, malgré la gravité des signes cliniques, le cheval veut manger (il tente de grappiller tout brin de paille ou de foin à proximité de sa bouche).  Aucun comportement anormal pouvant être attribué à des troubles nerveux centraux n’a été rapporté (le cheval ne semble pas « déconnecté » de son milieu) hormis, éventuellement, du « pédalage » occasionnel.  Celui-ci pourrait également être un signe de souffrance et/ ou d’anxiété et/ ou du désir de se lever.  Il est à noter qu’en comparaison avec la souffrance observée lors de myopathies induites par l’exercice, la douleur exprimée par les cas confirmés de myopathie atypique peut être considérée comme modérée.  Néanmoins, certains chevaux présentent des signes de souffrance intense difficile à soulager par médication et/ ou vidange d’une vessie distendue (voir précédemment). Dans de rares cas, la myopathie atypique peut être accompagnée d’une colique abdominale.

 L’émission d’urine anormalement foncée est probablement le signe le plus spécifique de la myopathie atypique.  Munissez-vous d’un seau dans l’éventualité où le cheval urinerait : vous aiderez ainsi grandement votre vétérinaire à réaliser le diagnostic (« Attitude face à un cas de myopathie : Mesures à prendre par le propriétaire »).

Les muqueuses buccales sont congestives (anormalement rouges) ou plus occasionnellement, cyanosées (apparaissent mauves).  La prise de température révèle généralement une hypothermie très sévère (température rectale en dessous de 36°C alors que chez le cheval, celle-ci doit être située entre 37 et 38°C).  Cette hypothermie est favorisée par le fait que les chevaux sont immobiles, à même le sol, alors que la température extérieure est fréquemment basse (la majorité des cas se déclarant en automne et au début du printemps).

Souvent, le cheval présente des difficultés respiratoires qui s’accentuent avec le temps.  La fréquence cardiaque est souvent augmentée (> 60 battements/ minute à la place de 40 battements/ minute pour un cheval au repos) tandis que la fréquence respiratoire l’est parfois.  Les bruits digestifs sont généralement d’intensité normale.